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Pourquoi je salue la décision du Parti socialiste sur la non-censure du Gouvernement Bayrou

  • 6 févr. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 févr. 2025


Après de longues heures de négociations et de combats acharnés menés par les députés, sénateurs et représentants du Parti socialiste, le Bureau national – instance démocratique interne du parti – a fait le choix de ne pas censurer le gouvernement Bayrou.


Après la censure du gouvernement Barnier, je salue cette décision responsable. Notre pays, nos collectivités, nos entreprises, nos associations et l’ensemble des Français ont besoin de stabilité, de clarté et d’un cap.


Ce budget n’est pas un budget de gauche, ce n’est pas celui des socialistes. Pourtant, il comporte de réelles avancées pour les Français, notamment pour les plus modestes.


Certains, à gauche, estiment que ces avancées ne sont rien, qualifiant ces mesures de « miettes ». Mais je pose la question : comment, lorsqu’on est de gauche, peut-on minimiser les victoires obtenues par les socialistes ?

  • La suppression de 4 000 postes d’enseignants était prévue : elle est abandonnée.

  • Trois jours de carence dans la fonction publique devaient être instaurés : ils ne le seront pas.

  • L’affaiblissement de l’Aide Médicale d’État était envisagé : il ne se fera pas.

  • De nouveaux dé-remboursements de médicaments étaient annoncés : ils sont annulés.

  • Le budget des hôpitaux devait stagner : il sera augmenté d’un milliard d’euros.

  • La réforme des retraites ne devait pas bouger : une consultation des corps intermédiaires va se mettre en place pour réflechir à une réforme plus juste.


Est-ce cela, les « miettes » ?


Quand une partie de la gauche se limite à la censure et refuse toute avancée, ce sont toujours les mêmes qui en pâtissent : les plus modestes. Ce sont aussi ces hommes et ces femmes qui, demain, se détourneront de la gauche, jugeant – parfois à raison – qu’elle n’est pas à la hauteur, qu’elle tarde à répondre aux urgences du quotidien. Ce que j'écris est palpable quand on regarde encore récemment la situation à Villeneuve-Saint-Georges où La France Insoumise, qui souvent se croit hégémonique en tapant sur le reste de la gauche, a perdu les élections municipales face à une droite pourtant divisée. Quand cette gauche se frottent aux responsabilités, les français la repousse, parfois violemment, preférant parfois même l'extrême-droite quand on regarde les sondages sur les probables second tour de la présidentielle.


Sur le budget, revenons-y. Bien sûr, tout n’est pas parfait. Il y a bien des choses qui vont même, pour moi, dans le mauvais sens, c'est évident. Bien sûr, une gauche majoritaire irait plus loin, plus vite, sur les urgences sociales, fiscales et écologiques. Mais nous ne sommes pas majoritaires. Et face à cette réalité, nous devons arracher chaque progrès, aussi minime soit-il, avec des finances publiques en difficulté.


Une motion de censure votée par le Parti socialiste, disons le, n’aurait pas suffi à faire tomber le Gouvernement. Il aurait encore fallu voter aux côtés du Rassemblement National pour y parvenir (et franchement disons le, c'est pas dingue!). Une fois encore, le Gouvernement n'aurait eu d'autre choix que de "séduire" le RN si le PS avait voté cette censure, renforçant ainsi l’idée que ce parti serait « normal » et respectable. Hors de question.


Je le répète souvent mais j'y crois profondément : l’injustice est le terreau de l’extrême droite. Tout ce qui combat ces injustices freine l’ascension de ceux qui, sous couvert de défendre le peuple, n’ont en réalité aucune solution concrète pour améliorer son quotidien.


Certaines françaises et français n'ont pas le luxe d'attendre les prochaines élections présidentielles pour que l'on pense enfin à améliorer leur vie quotidienne. Prenons aujourd'hui tout ce qui est bon à prendre et préparons l'avenir pour redonner confiance et pour redonner crédibilité à la gauche républicaine, universaliste, profondément laïque.

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