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Il faut avancer sur le droit de mourir dans la dignité

  • 16 mai
  • 2 min de lecture

La question du droit de mourir dans la dignité se pose depuis bien trop longtemps dans le débat public alors que ce débat, en réalité, au coeur de nos familles, de nos entourages est déjà réglé. Il devrait aussi dépasser les clivages religieux, philosophiques ou politique car ce droit touche à quelque chose d’essentiel qu'est la liberté individuelle. Celle de choisir, en conscience, quand la souffrance devient insupportable. Celle de ne pas être condamné à une agonie imposée au nom de principes que l’on ne partage pas forcément.


Le Sénat, dominé par une majorité conservatrice et sous la houlette de Bruno Retailleau, vient de s’opposer à cette avancée après que l'Assemblée ait votée pour. Ce n’est pas une surprise. Mais il est important de rappeler une chose fondamentale : ce droit ne serait une obligation pour personne. Personne ne serait forcé d’y recourir. Il s’agit d’offrir une possibilité supplémentaire, une liberté nouvelle, dans un cadre strict, humain et médicalement encadré.


Les opposants parlent souvent d’un danger pour la société. Pourtant, dans les pays où ce droit existe déjà, il n’a pas détruit les soins palliatifs ni banalisé la mort. Il a simplement permis à des femmes et des hommes de partir selon leur volonté, avec dignité, entourés des leurs, plutôt que dans une souffrance devenue sans issue.


Il est d’ailleurs difficile de ne pas voir une constante politique et idéologique dans cette opposition. Ce sont souvent les mêmes courants conservateurs de droite qui, hier, combattaient le droit à l’IVG, puis le mariage pour tous, et qui aujourd’hui refusent le droit de mourir dans la dignité et nous parlent de "décadence".


Et pourtant, à chaque fois, la République a fini par reconnaître de nouvelles libertés individuelles sans jamais les imposer à quiconque. Personne n’a été obligé d’avorter. Personne n’a été forcé de se marier avec une personne du même sexe. De la même manière, personne ne serait contraint de recourir à une aide à mourir.

Ces combats ont un point commun qui sont de permettre à chacun de disposer de sa vie selon ses convictions, et non selon celles imposées par une minorité politique, religieuse ou morale.


Surtout, plus de huit Français sur dix se disent favorables à cette évolution. Dans une démocratie, cette parole compte. Et c’est précisément pour cela que l’Assemblée nationale aura le dernier mot. Les députés sont élus directement par les citoyens. Ils portent la voix du pays réel, celui qui voit des proches souffrir inutilement, celui qui réclame davantage d’humanité et moins d’injonctions morales.


Défendre le droit de mourir dans la dignité, ce n’est pas défendre la mort. C’est défendre le choix. Défendre l’autonomie. Défendre l’idée qu’un État moderne ne doit pas imposer à chacun une seule manière de vivre… ni une seule manière de partir.


Et au fond, une liberté n’enlève rien à ceux qui ne souhaitent pas l’utiliser. Elle protège simplement ceux qui en ont besoin.

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