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Non, la démission de Macron n'est pas la solution !

  • 7 oct. 2025
  • 3 min de lecture
Photo Ouest France
Photo Ouest France

Depuis quelques heures, le concert s'amplifie : Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen... Tous réclament, sous une forme ou une autre, le départ d'Emmanuel Macron. Une élection présidentielle anticipée par-ci, une destitution par-là. Et pendant ce temps, les Français attendent. Ils attendent du changement, certes. Mais pas du chaos.


Parce que soyons clairs : derrière ces appels tonitruants à la démission, il n'y a aucun projet pour le pays. Il n'y a que des ambitions personnelles, des calculs électoraux, des positionnements pour 2027. Édouard Philippe qui se rêve déjà à l'Élysée, Mélenchon qui veut rejouer le match de 2022, Le Pen qui continue sa stratégie de normalisation en se drapant dans une pseudo-respectabilité institutionnelle. Chacun pense à son avenir politique. Personne ne pense à l'avenir des Français.


Et c'est ça qui me révolte en tant que militant socialiste. Parce que oui, je veux du changement. Oui, je veux une autre politique. Oui, je veux plus de justice sociale et fiscale. Mais je refuse de sacrifier la stabilité de nos institutions sur l'autel des ego surdimensionnés.

Les Français ne veulent pas d'une nouvelle campagne présidentielle maintenant. Ils veulent qu'on s'occupe d'eux, de leur pouvoir d'achat, de leurs services publics, de leur avenir. Ils veulent qu'on arrête ce cirque permanent et qu'on se mette enfin au travail.


Et justement, il existe une solution : la cohabitation. Elle est prévue par notre Constitution. Elle a déjà fonctionné. Quand un président n'a plus de majorité, on ne détruit pas tout. On gouverne autrement. On négocie. On fait des compromis. C'est moins spectaculaire qu'une destitution, mais c'est infiniment plus responsable.


Alors oui, la gauche, celle qui ne veut pas ajouter du chaos au chaos doit prendre ses responsabilités. Arrêtons de nous réfugier derrière des postures radicales qui ne mènent nulle part et construisons un rapport de force parlementaire. Imposons nos mesures concrètes :

  • Suspendons cette réforme des retraites injuste et inutile ;

  • Mettons en place une vraie taxation des plus fortunés ;

  • Investissons massivement dans les services publics, dans l'école et dans l'hôpital ;

  • Relevons le SMIC ;

  • Et surtout, débattons, c'est le rôle des députés et des sénateurs. Mieux vaut des petits pas qu'un statu-quo qui pénalisent toujours les plus modestes.


Photo l'Opinion
Photo l'Opinion

Parce que l'instabilité, c'est remettre du chaos au chaos. C'est exactement ce que veulent l'extrême droite et les libéraux : nous empêcher de gouverner en créant une paralysie permanente. Et franchement, le comportement de LR et en particulier de Retailleau dans cette affaire est la preuve que l'intérêt personnel prime. Être ministre ne devrait pas être un tremplin pour la suite de leur carrière. Cela vaut aussi pour Madame Dati, qui passera par ailleurs devant le juge (elle aussi...) en 2026.


Édouard Philippe, Mélenchon, Le Pen c'est trois ambitions, trois stratégies différentes, mais un seul objectif : se positionner pour la prochaine présidentielle. Pas gouverner aujourd'hui. Pas améliorer la vie des gens maintenant. Non, juste préparer leur campagne.


C'est irresponsable. C'est égoïste. Et surtout, c'est une trahison de ce que devrait être la politique : le service de l'intérêt général.


Alors non, Macron ne doit pas démissionner. Pas parce qu'il fait du bon travail, loin de là, sa politique est injuste et ses méthodes contestables (je ne reviendrai pas sur tout ce que je réfute de sa politique, ce serait long...). Mais parce que ce n'est pas la bonne réponse à la crise que nous traversons. La bonne réponse, c'est de gouverner différemment. De forcer le compromis. D'imposer nos idées par le rapport de force parlementaire.


C'est moins romantique qu'une révolution. C'est moins médiatique qu'une destitution. Mais c'est ce dont les Français ont besoin : de la stabilité institutionnelle et du changement politique. Les deux ne sont pas incompatibles. Il suffit d'avoir le courage de les assumer ensemble.

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