La France compte de plus en plus de riches et de plus en plus de pauvres : l'heure de la justice sociale ?
- 30 mars 2025
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Entre 2015 et 2023, le taux de pauvreté en France est passé de 13,6 % à 15,4 %, ce qui représente une hausse significative. Cette tendance contraste avec celle observée dans d'autres pays européens, où le taux de pauvreté a diminué sur la même période.
En parallèle, les projections pour 2026 indiquent que le nombre de millionnaires en France pourrait atteindre 3,9 millions, représentant une augmentation de 41 % par rapport à 2021. Cependant, ces prévisions ne précisent pas l'évolution attendue pour les ultra-riches. Il est vrai que ces dernières années, le nombre "d'ultra riches" a légèrement diminué.
En réalité, le débat n'est pas de défendre une catégorie de population contre une autre, non. Le débat doit porter sur la justice sociale, essentielle à la cohésion sociale de notre pays.
La justice sociale, c'est en réalité plusieurs leviers concrets.
1- Fiscalité et redistribution
En France, le système fiscal est conçu pour être progressif, c'est-à-dire que le taux d'imposition augmente avec le revenu. Cependant, des études récentes indiquent que cette progressivité tend à s'inverser pour les très hauts revenus, notamment pour les 0,1 % des contribuables les plus aisés. qui pratiquent par exemple l'optimisation fiscale.
Il existe aussi la taxation du patrimoine, auparavant "Impôt de solidarité sur la fortune" (ISF) transformé en IFI et qui a fait perdre, quoi qu'on en dise, plusieurs milliards d'euros à l'État et que je présente souvent comme un petit cadeau aux plus fortunés.
De l'autre côté, vous avez les aides sociales comme le Revenu de Solidarité Active, les allocations logement, la prime d'activité... Étrangement, ce sont souvent les bénéficaires de ces aides qui sont stigmatisés, poingté du doigts comme encore en ce moment où 75 départements de France refuse d'appliquer la hausse du RSA du à l'inflation.
Déjà sur ces points, ces dernières années, aucun politique sauf à gauche, n'a souhaité rétablir l'ISF qui contrairement à ce que certains racontent, n'a jamais fait fuire les riches ailleurs. Il à toujours été plus populaire de sabrer les budgets du bas, pour celles et ceux qui galèrent et jamais quiconque (sur les 10 dernières années) n'a osé annoncé des hausses d'impôts des plus fortunés.
Après l'élection de Macron en 2017, la baisse de recettes pour l'État est... fulgurante.
2- Des services publics comme rempart
On peut parler de l'éducation et de la gratuité de l'école, des politiques mises en places par les municipalités comme à Dijon avec la tarification sociale dans la restauration scolaire par exemple (qui consiste à dire : plus on gagne plus on paie), mais j'aimerai d'avantage me pencher sur le sujet de la santé. Depuis des années, notre système est perçu comme l'un des meilleurs au monde, par sa qualité, mais aussi par son accessibilité.
Pourtant, une fois de plus, ces dernières années nous avons passé plus de temps à entendre parler de diminituion des remboursements et de l'affaiblissement de nos établissements publics. Au détriment encore et toujours des plus modestes.
La non-généralisation du Tiers-payant (pourtant prévu par F.Hollande) qui permettait aux français d'aller chez le médecin sans avancer les frais était une avancée sur l'accessibilité aux soins, Macron y a renoncé ce qui produit quoi ? Une famille de 3 personnes doit avancer 90€ pour aller chez le médecin généraliste. Il faut pouvoir le faire...
Le déremboursement progressif des médicaments ne dessert que les plus modestes ;
L'affaiblissement de nos établissements publics hospitalier ne dessert que les plus modestes, les plus aisés pouvant aller dans le privé.
3- Le marché du travail
Entre l'instauration d'un salaire minimum (SMIC), le droit des travailleurs avec par exemple la limitation des contrats précaires, la protection sociale (assurance chomage, congés payés, on peut encore dire ici que ces dernières années sont revenus sur des années de combat à gauche. Quand je disais au début que souvent, depuis 10 ans, ce sont les plus modestes qui trinque, ce n'était pas démagogique. Qui a encore voulu détricoter l'assurance chômage si ce n'est Macron ? Qui a encore voulu récemment instauré des jours de carences aux fonctionnaires (policiers, enseignants...) ? Macron.
Comment ne pas se questionner face à toutes ces décisions ? Pourquoi ne cibler que les plus modestes qui déjà galèrent à vivre dignement.
J'aurai pu ensuite parler de bien d'autres sujets comme le logement, mais volontairement je m'arrête ici. Je m'arrête ici car comme beaucoup de français attaché à la justice, j'ai ce sentiment d'injustice qui perdure depuis des années. Ce sentiment que c'est toujours vers le bas qu'on se tourne lorsqu'il faut faire des économies. L'impression qu'il existe dans notre pays des intouchables.
Ce sentiment créer des tensions dans la société, l'a fragilise, alimente la colère et avec elle les extrêmes qui surfent, chacun de leur côté sur les injustices.
Face à ces constats, il apparaît clairement que la justice sociale est un enjeu central pour l’équilibre et la cohésion de notre société. Lorsqu’elle est bafouée, lorsque les inégalités se creusent sans que des mesures correctrices ne soient prises, c’est l’ensemble du tissu social qui se fragilise. Ce n’est pas une question de lutte des classes, mais une question d’équité et de respect des principes républicains
Si nous continuons à demander toujours plus d’efforts aux plus modestes tout en épargnant les plus aisés, nous alimentons une fracture qui ne fera que grandir, avec les risques politiques et sociaux que cela implique. Restaurer la justice sociale ne signifie pas pénaliser une catégorie de la population au profit d’une autre, mais garantir que chacun contribue à hauteur de ses moyens et que personne ne soit laissé sur le bord du chemin.
Il est temps de repenser nos politiques publiques avec cet objectif en tête, car une société plus juste est une société plus forte.
Sources : Le Monde, Alternatives économiques
















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