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Invisibilisés, mais indispensables : ces "étrangers" qui font vivre la France

  • 9 mars 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 mars 2025

Depuis quelques mois, ils sont les bouc-emissaires de toute une sphère politique populiste et démagogique. Quand on parle de sécurité, ils parlent des étrangers, quand on parle d'éducation, ils parlent des étrangers, quand on parle de sécurité sociale, ils parlent des étrangers.


Ils sont devenus depuis des mois (et je suis gentil sur la durée) la raison de tous les maux de la société, et aussi devenu aussi la variable d'ajustement à leur résolution. Demain, sans les "étrangers" comme ils disent, tout irait mieux. Il y aurait plus de sécurité. Il y aurait plus d'argent "dans les caisses". Il y aurait moins de chômage car "ils volent le travail des français". Et évidemment, il y aurait plus de places dans nos hopitaux et dans nos écoles pour nos enfants.


Sur chaque thématique en réalité, ils ont un problème : les étrangers.


D'ailleurs, leur élements de langage sont bien rodés : "submersion migratoire", "grand remplacement", "changement de civilisation", "personnes ne partageant pas notre culture", dans le seul et unique objectif : vous faire peur, vous faire craindre quelque chose de votre voisin, de votre voisine qui ne partage pas votre religion ou vos coutumes.


Mais étrangement, ces femmes et ces hommes d'extrême-droite, de droite extrême, ne parlent jamais de l'importance des "étrangers" comme ils disent, dans notre pays.


Je met le mot étranger entre guillemets pour une seule et unique raison. Je trouve ce mot horrible, péjoratif, divisant. En réalité, ces "étrangers" ne nous sont pas étranger à notre quotidien. Ce sont des femmes, des hommes, des enfants, nos voisins, nos amis, nos collègues de travail qui ne demandent qu'une seule chose : être considérer à leur juste valeur et non pas comme des "étrangers".

Femmes et hommes de ce pays, nous avons une histoire. Elles sont toutes différentes, avec des particularités, des difficultés, des parcours différents et pourtant (et heureusement!) : nous vivons ensemble, dans le respect des uns et des autres. Il n'y a pas d'histoire qui vaille plus qu'une autre, chacun de nous est unique et singulier, mais c’est dans la richesse de nos singularités que se construit une société où chacun a sa place.



Alors vous vous demandez surement pourquoi j'écris cela. Je vous écris cela car depuis le 5 mars, ce sont des centaines de médecins "étrangers" qui sont en grève de la faim devant le Ministère de la Santé.


Ils dénoncent leur précarité et réclament des régularisations, promises par le gouvernement Attal, en janvier 2024, pour lutter contre les déserts médicaux. Pour être régularisé, il faut avant tout passer un test de connaissances. En 2024, 20% des places qui devaient être attribuées ne l'ont pas été alors que beaucoup avaient plus que la moyenne au test. Qui dit pas de régularisation, dit contrat précaire pour le même travail, et salaire bien inférieur, évidemment... Par dessus cela, ce sont souvent des contrats de 6 mois renouvelables qui ne leur garantit pas demain, de pouvoir rester sur le territoire français.


En 2023, 2700 postes étaient ouverts à la régulation pour plus de 20 000 candidatures... Lassés, de nombreux médecins étrangers ont renoncés à venir travailler en France.


Aujourd'hui, en moyenne, un médecin étranger" gagne le tiers du salaire d'un medecin français, à compétences égales. Cela signifirait-il qu'ils sont remplacables, que l'on croule sous les médecins ?

Non, en réalité, ils sont indispensables !



Pourquoi la droite n'en parle jamais ? Pourquoi Marine Le Pen et son parti invisibilisent-ils ces femmes et ces hommes qui au quotidien sauvent des vies, qui s'occupe de nous, de nos parents, de nos enfants dans les hôpitaux ? Selon les données disponibles, environ 19,6 % des médecins inscrits à l'Ordre des médecins sont nés à l'étranger, ce qui représente environ 54 168 praticiens sur un total de 215 531.


Dans les EHPAD, pas moins de 10% des salariés sont immigrées, dans le secteur de la sécurité privé, ils sont près de 30%.


Par ce texte, je voulais juste mettre en avant celles et ceux qui a longueur de journée sont pointés du doigt par certains "dirigeants" politiques qui je l'espere ne dirigeront jamais notre pays.


Je voulais, à ma petite échelle, mettre en avant des femmes et des hommes qui au quotidien vivent et font vivre notre pays, nos écoles, nos hôpitaux, dans la restauration, dans la sécurité, de la propreté et l'entretien (...) et sont souvent invisibilisés pour laisser place à la haine, à la peur, au buzz médiatique permanent.


Avant de croire tout ce que les politiques racontent, avant de vous exprimer, avant de voter, cherchez !


Il y a un an, le président Emmanuel Macron avait même reconnu que la situation était intenable, déclarant que "dans certains cas, ils tiennent nos services de santé, alors que nous les laissons dans une situation administrative précaire". Il est alors urgent d'agir !


Sources : France Info, INSEE, Le Monde, Libération.



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