top of page

Faut-il ouvrir les commerces le 1er mai ? Une fausse bonne idée

  • 10 avr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 avr.



La droite et les macronistes défendent actuellement une proposition de loi visant à permettre aux boulangeries, fleuristes et autres commerces d’ouvrir le 1er mai. Présentée comme une avancée pour la liberté de travailler et le pouvoir d’achat, cette mesure mérite pourtant d’être regardée de plus près.


Soyons clairs : permettre à chacun d’ouvrir son commerce quand il le souhaite peut sembler, en apparence, aller dans le sens de la liberté. Mais le 1er mai n’est pas un jour comme les autres. C’est la fête des travailleuses et des travailleurs. Une journée profondément ancrée dans notre histoire sociale, née des luttes des travailleurs pour de meilleures conditions de vie, pour la dignité et pour le droit au repos.


Remettre en cause ce jour, c’est affaiblir un symbole. Ce n’est pas simplement une question d’ouverture de commerces : c’est une question de modèle de société.

Car derrière l’argument du “choix” se cache une réalité bien différente. Si certains boulangers ou fleuristes souhaitent ouvrir, est-ce vraiment par envie ? Ou par nécessité ? Depuis des années, les politiques menées ont fragilisé le pouvoir d’achat des petits commerçants comme des salariés. Charges, inflation, stagnation des revenus : beaucoup se sentent aujourd’hui contraints de travailler toujours plus pour simplement s’en sortir.


Dans ce contexte, parler de liberté est trompeur. Quand on est obligé d’ouvrir pour compenser des revenus insuffisants, ce n’est plus un choix, c’est une contrainte.


Plutôt que de remettre en cause le 1er mai, il faut s’attaquer au vrai problème : la baisse du pouvoir d’achat. La priorité doit être de permettre à chacun de vivre dignement de son travail, sans avoir besoin de sacrifier ses jours fériés.


Ils ont tellement affaibli le pouvoir d’achat que, aujourd’hui, une majorité de salariés se dit prête à travailler le 1er mai, non pas par choix ou par volonté, mais simplement pour tenter de récupérer ce qu’on leur a déjà enlevé. Et pendant que certains responsables politiques prétendent vous défendre en vous “offrant” cette possibilité de travailler ce jour-là, ils oublient de dire que vous ne cherchez pas un droit supplémentaire, mais juste à combler une perte dont ils portent eux-mêmes la responsabilité.


C’est pourquoi nous devons nous opposer à cette loi. Non pas par principe, mais parce qu’elle répond mal à une vraie difficulté. Et surtout, nous devons proposer autre chose : une revalorisation immédiate du pouvoir d’achat, pour que travailler plus ne soit plus une obligation, mais un choix.


Le 1er mai doit rester un jour de repos, de reconnaissance et de lutte. Pas une variable d’ajustement économique.


Autrefois, notre société se réjouissait de conquérir de nouveaux droits en créant des jours fériés ; aujourd’hui, on invoque la “liberté” pour mieux justifier leur disparition.

Commentaires


Merci beaucoup pour votre lecture ! 

bottom of page