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De la "tolérance zéro" à la défense de Sarkozy : l’hypocrisie à découvert

  • 27 sept. 2025
  • 2 min de lecture

Nicolas Sarkozy vient d’être condamné à cinq ans de prison, dont une partie ferme, pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. La justice a établi qu’il avait bénéficié de fonds en provenance du régime Kadhafi, en échange de contreparties diplomatiques et politiques. Cette condamnation n’est pas un accident de parcours : elle s’ajoute à une longue liste d’affaires qui poursuivent l’ancien président.


On se souvient de l’affaire des écoutes, dite “Bismuth”, où il a été définitivement condamné pour corruption et trafic d’influence, après avoir tenté d’obtenir des informations secrètes auprès d’un magistrat. Il y a aussi l’affaire Bygmalion, qui a révélé le système de fausses factures destiné à masquer le dépassement massif des dépenses de sa campagne de 2012. Et bien sûr, toujours ce fil rouge : les soupçons de financements occultes libyens, avec leurs ramifications multiples, des témoignages contradictoires, des tentatives de manipulation de témoins, et une série d’intermédiaires louches qui n’ont cessé de renforcer la gravité des accusations.


Ces “casseroles” ne relèvent pas de simples erreurs ou de maladresses : elles traduisent un rapport systématique au pouvoir et à l’argent, un mépris du droit quand il s’agit de conquérir ou conserver l’Élysée. Pourtant, face à ces décisions de justice, une partie de la droite crie au complot, s’indigne d’un “acharnement judiciaire”, alors que ce sont les mêmes qui, depuis des décennies, ne jurent que par une “justice forte”, par la “tolérance zéro” et par le discours sécuritaire. En vérité, quand la justice s’applique aux puissants, ils voudraient qu’elle se fasse faible, voire aveugle. D'ailleurs les soutiens de Sarkozy ont été des défenseurs de Marine Le Pen quelques semaines avant.


Alors depuis 24h, tout est permis.

Comme si la condamnation de Nicolas Sarkozy ne suffisait pas, ses soutiens se comportent aujourd’hui comme s’ils étaient au-dessus des lois. Tout leur est permis : un sénateur en est allé jusqu’à demander à Emmanuel Macron une grâce présidentielle pour l’ancien chef de l’État. Les mêmes qui, hier, criaient au scandale quand François Hollande avait accordé cette grâce à Jacqueline Sauvage, une femme battue toute sa vie, trouvent normal de l’exiger pour un homme condamné pour corruption et financement illégal. Deux poids, deux mesures, révélateurs d’une hypocrisie profonde.


Et la liste ne s’arrête pas là : des personnalités publiques comme Karine Le Marchand montent au créneau pour défendre Sarkozy, tandis que d’autres, mis en examen eux-mêmes comme Rachida Dati, prennent sa défense avec zèle. Certains vont même jusqu’à remettre en cause l’impartialité de la juge, cherchant à faire croire qu’elle “avait une dent contre lui”. Tout est bon pour délégitimer la décision, tout est permis pour protéger un puissant rattrapé par ses propres actes.


Ce faisant, ces soutiens n’affaiblissent pas seulement l’image d’un homme politique déchu : ils fragilisent la justice elle-même, ils attaquent son indépendance et donc notre démocratie. Car une République où la justice ne peut plus juger les puissants est une République malade, où le droit n’est plus le même pour toutes et tous.


La justice n’est pas et ne doit pas être à géométrie variable. Elle doit être la même pour toutes et tous, qu’on soit puissant ou modeste, président ou citoyen anonyme. C’est à cette condition qu’elle peut être respectée et qu’elle protège réellement la démocratie.

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