Condamnation de Le Pen : la justice doit-elle être plus indulgente avec les élus ?
- 6 avr. 2025
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Fermeté, lutte contre le laxisme, construction de prisons, restitution de l’argent aux Français : ce sont les maîtres mots du Rassemblement national. Et pourtant. Aujourd’hui, ce sont les premiers à refuser de respecter les décisions de justice, à réclamer de la souplesse, à s’attaquer à la justice en contestant sa décision.
Les élus sont les garants de la démocratie. Ils incarnent les institutions et doivent en être dignes. Mais la justice, elle, est la garante des lois, du respect des règles de la République. La remettre en cause, c’est fragiliser l’État de droit.
Il est pour le moins cocasse de voir des élus ouvertement hostiles à l’Union européenne 🇪🇺 détourner des fonds européens à des fins partisanes. Cet argent, ce n’est pas un trésor sans maître : ce sont les deniers des Européens. Les mêmes qui s’indignent quand les agriculteurs doivent attendre des mois le versement de leurs aides sont ceux qui, dans l’ombre, n’hésitent pas à se servir sans vergogne.
Être élu, c’est être exemplaire. C’est accepter que toute entorse aux règles entraîne des sanctions. L’inéligibilité n’est pas une punition excessive, c’est une exigence minimale de probité. Il est parfaitement légitime qu’un responsable politique perde son mandat ou ne puisse plus se présenter lorsqu’il viole la loi.
Nombre de Français et surtout de jeunes n’en peuvent plus de cette classe politique, de droite, de gauche ou d’ailleurs, qui donne des leçons tout en se servant d’abord, avant de servir. L’exaspération monte, parce que les citoyens attendent autre chose des politiques : de l’éthique, du respect, de la justice.

Quand à celles et ceux qui disent que c’est une décision ciblée contre Marine Le Pen uniquement, moi je me rappelle de François Fillon condamné suite à l’emploi fictif de sa femme (10 ans d’inéligibilité), à Patrick Balkany condamnée pour fraude fiscale (10 ans d’inéligibilité), à Jérome Cahuzac pour fraude fiscale (5 ans d’inéligibilité)… Et personne n’a crié à l’acharnement judiciaire ou demandé une justice à deux vitesses. La loi s’applique à tous, élus compris.

Ce dimanche, à Paris, le Rassemblement national a organisé une mobilisation en soutien à Marine Le Pen, dénonçant sa condamnation à l’inéligibilité. Une manifestation, une pétition, quelques cris d’indignation… comme si le fait de rassembler quelques centaines de personnes dans la rue pouvait faire plier la justice. Cette mise en scène n’est, pour moi, pas une simple démonstration de "force" politique : c’est une attaque directe contre l’institution judiciaire. L’objectif est clair : affaiblir la justice, la discréditer, la présenter comme un obstacle politique. Ce n’est pas digne d’une élue qui aspire à devenir cheffe de l’État. Et cela en dit surtout long sur les méthodes qu’elle pourrait employer si elle arrivait un jour au pouvoir.
De l’autre côté de l’Atlantique, l’extrême droite a déjà montré ce que ce type de dérive peut produire : aux États-Unis, Donald Trump a gracié les émeutiers du Capitole, ceux-là mêmes qui ont attaqué les forces de l’ordre en contestant les résultats d’une élection démocratique. Quand la justice devient l’ennemie à abattre, la démocratie est en danger.
Est-ce cela, l’exemplarité que nous attendons de nos futurs dirigeants ?




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